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Youssef, l’âme d’un entrepreneur, l’amour de la cuisine en plus

Arrivé de Palestine il y a 15 ans, Youssef Shamasna n’a cessé d’entreprendre divers projets avant de monter son restaurant, La Palestine, premier restaurant palestinien à Marseille.

Confortablement installé dans un des canapés de son restaurant, Youssef Shamasna raconte son histoire, serein, prenant son temps, au chaud devant sa petite cheminée. La salle est calme, les clients sont partis. On n’entend que l’eau du puits qui s’écoule, dans une douce volupté. Le puits, tout un symbole. Si Youssef l’a installé au milieu de son local, c’est parce qu’il est pour lui un retour à sa source, Qalqilya, en Palestine.

« Avant, en Palestine, on n’avait que le puits pour boire de l’eau » se rappelle-t-il avant d’évoquer sa famille : « Mon grand-père avait une boucherie, et mes cousins cuisinaient pour les mariages. Ils mélangeaient les épices ». Avec eux, il passe des moments privilégiés autour de la table. Mais à vingt ans, il faut partir.

A son arrivée en France, Youssef ne parle pas la langue. Il l’apprend grâce à ses collègues. Car sitôt installé, le jeune homme a soif de travail, et d’entrepreneuriat. « J’aime travailler, explique-t-il, si je ne travaille pas, je suis malade » Rapidement, il crée sa société d’installation de cuisine et de climatisation. Quelques années plus tard, il gère une pizzeria sur le Vieux Port, profitant de l’affluence suscitée par l’Euro de football. Youssef aime à repérer les opportunités et à les saisir, « sans perdre de temps ».

« Je voulais faire connaître les spécialités palestiniennes »

Mais parfois, il faut faire preuve de patience. « L’idée du restaurant m’est venue il y a dix ans. Je voulais manger les spécialités palestiniennes à la maison et j’avais aussi envie de les faire connaître aux autres. Je cherchais un local. Je voulais quelque chose d’ancien, avec des pierres ».

Ce n’est qu’en 2017 qu’il découvre qu’un tel local est en vente, au 24 rue Mazenod, à deux pas de la cathédrale La Major. « Je suis tombé amoureux », confie-t-il. En juillet, commencent alors les travaux d’aménagement. Les murs sont débarrassés de leur plâtre pour redonner la lumière aux pierres qu’ils masquaient. Pour la décoration, Youssef opte pour quelque chose de simple: de la pierre, du fer, des briques. Il veut créer une ambiance familiale. La cuisine est dans le même esprit : des produits frais cuisinés selon des recettes traditionnelles. « C’est mon grand-père qui me les a données», souligne-t-il fièrement. Quant à l’huile d’olive et aux épices, elles viennent tout droit de Palestine.

En décembre 2017, le restaurant ouvre enfin ses portes. Il s’appelle « La Palestine », un moyen de mettre en avant un pays méconnu, loin de tout discours politique. Car ce qui compte ici, c’est seulement de bien manger, et « de se sentir comme à la maison ».

Maëva Gardet-Pizzo – pour Echos d’Orient 

 

 

 

 

 

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