Aylin, une cheffe à la croisée des peuples

Dans un milieu dominé par les hommes, Aylin Yazicioglu a réussi à s’imposer, devenant une cheffe turque réputée. Formée en France, elle propose une cuisine métissée, un peu comme son parcours.

« La cuisine a toujours été avec moi », lance-t-elle. Née à Istanbul, Aylin Yazicioglu baigne dans une culture où « les femmes, sans même y penser, apprennent la cuisine, ça fait partie de leur identité ». Les repas sont le cœur battant de la vie familiale : « Chez nous, les temps de famille, c’était toujours autour de la table. La cuisine, c’est une façon de partager son amour».

Après une enfance dans ce chaleureux cocon, pas facile de quitter le soleil stambouliote pour la grisaille anglaise. Mais Aylin a pour projet de devenir chercheuse, et se lance dans de longues études qui la conduiront jusqu’à la préparation d’une thèse en philosophie. Pour autant, la cuisine l’a suivie dans son voyage et lorsqu’elle en fait profiter ses amis, ils ne peuvent s’empêcher de lui conseiller d’ouvrir un restaurant. Une idée qui l’amuse, avant de faire son chemin. En 2005 elle abandonne ses études pour apprendre la gastronomie française. Direction une école de prestige : « Le Cordon bleu ». « J’ai rencontré de très bons chefs, des gens qui m’ont appris que ce n’est pas seulement un travail artisanal, mais un travail artistique ». Ce dont elle rêve : offrir une cuisine « comme à la maison, avec un peu de tout : du pain, des glaces, de la confiture … »

En 2013, le rêve prend l’apparence bien réelle d’un restaurant qu’Aylin choisit d’ouvrir à Istanbul. Elle y propose des produits de la cuisine turque, particulièrement riche. En effet, pendant des siècles, elle a été irriguée par les brassages multiples de populations. À cela s’ajoute la grande diversité des produits utilisés en Turquie du fait de la variété des climats s’y trouvant. Pour autant, le restaurant porte un nom français : « Nicole ». Le concept : travailler des produits turcs selon les techniques de la gastronomie française. De quoi surprendre certains clients : « Quand les gens viennent,  ils sont surpris car ils retrouvent les goûts de chez nous dans une présentation très différente ». Exemple de cet alliage : la « tourte aux oiseaux », un classique du restaurant qui mêle caille et magret de canard, le tout assaisonné de pignons, raisins et épices chaudes.

Si Aylin a réussi dans un milieu majoritairement masculin, c’est avant tout grâce à sa détermination. « Les restaurants préfèrent souvent placer des hommes aux postes à responsabilités. Mais une fois qu’on est patron, on s’impose». Un conseil pour les jeunes filles qui veulent devenir de grandes cheffes ? « Il faut y aller, répond-elle. Il faut que les jeunes femmes aillent travailler, qu’elles soient actives économiquement, on en a besoin. »

Maëva Gardet-Pizzo, pour Echos d’Orient

 

 

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