Une rentrée sous le signe de l’entrepreneuriat.

« C’est en faisant que l’on apprend » dit un adage. Caroline Cohen et Sabrina Zerdani, enseignantes dans plusieurs lycées marseillais l’ont bien compris … Dès la rentrée, toutes deux ont choisi de proposer à leurs élèves de devenir entrepreneurs. Une démarche qui s’inscrit dans deux dispositifs plus larges : « Mon ESS (Économie Sociale et Solidaire) à l’école » et « Entreprendre pour apprendre » (EPA).

Aux lycées Brochier, Saint-Exupéry et au lycée Chatelier, elles font appel aux qualités de leurs élèves afin qu’ils trouvent leur place dans des projets innovants.

Connais-toi toi même.

Lycée Saint-Exupéry, au cœur des quartiers labellisés « Nord » de Marseille. Dans un couloir, une file d’élèves patiente. Un à un, ils serrent la main de leurs deux professeurs avant de s’installer dans la salle de classe. Aujourd’hui, ces élèves de seconde « Gestion et administration » doivent travailler à mieux se connaître. Sur leurs tables, des dossiers dans lesquels ils doivent répondre à différentes questions sur eux-mêmes, leurs qualités, leurs défauts, leurs envies.

Les enseignants circulent entre les rangs, aidant chacun à réfléchir sur lui même. « Tu joues au foot. A quel poste ? » demande Léo Carta, professeur d’histoire qui co-assure la séance. « Numéro 6 », lui répond l’élève, ravi d’aborder un sujet si familier. « Eh bien, c’est quoi les qualités du numéro 6 ? Il distribue le ballon, ça veut peut-être dire que tu es altruiste ». Poser des mots sur ce qu’on est : une étape préliminaire à l’émergence d’idées entrepreneuriales. Les élèves doivent ensuite élaborer un blason qui les représente. Bendjad, un garçon très calme et à l’éloquence assez atypique pour son âge a inscrit, au cœur de son blason le mot « Abnégation ». « C’est le prof qui m’a parlé de cette qualité et ça m’a plu. Je veux être ingénieur informatique et pour ça, il faudra être obstiné. » « Ensuite, explique Caroline Cohen, on constituera des groupes en fonction de leurs personnalités. » Les groupes concevront alors des idées dont certaines seront mises en œuvre.

Place aux idées

Changement de décor au lycée Brochier, à deux pas du Palais omnisports dans le 10eme arrondissement. Ici, les élèves sont plus âgés : classe de BTS mode. Caroline Cohen a choisi d’aller droit au but en leur proposant d’attaquer d’emblée la conception d’idées. Ce matin, chaque groupe doit présenter son projet. Un premier groupe présente un porte-charge pour téléphones portables, « à trimbaler partout ». De leur côté, Flavia et Clara font découvrir à leurs camarades une idée d’entreprise qui pourrait s’inscrire dans l’économie sociale et solidaire : « La robe verte ». Conscientes de la pollution engendrée par l’industrie de la mode et des conditions de travail désastreuses qui prévalent dans certaines usines textiles en Asie, elles proposent de « récupérer les vêtements usagés pour en faire quelque chose de nouveau et de stylé ».

Un outil pédagogique à part entière

Au lycée le Chatelier, dans le 3eme arrondissement, Sabrina Zerdani et Cathy Rieu présentent à leurs élèves les différentes fonctions au sein d’une entreprise. Direction, comptabilité, service commercial, fonction technique sont présentés aux élèves qui devront ensuite choisir les deux postes qu’ils souhaitent occuper dans la Mini entreprise qu’ils sont en train de créer : un commerce de confitures. Si certains élèves pouvaient sembler quelque peu dissipés au début de la séance, plusieurs d’entre eux se prennent finalement assez vite au jeu. « Moi j’hésite entre dirigeant et directeur de qualité », lance Yassine. Et l’affaire est sérieuse : « après les vacances de Toussaint, vous passerez des entretiens face à des recruteurs professionnels » de Randstad, leur expliquent leurs enseignantes.

Dans la salle attenante à celle-ici, douze jeunes filles sont installées sur des ordinateurs. Accompagnées par leur enseignante Louisa Boudjadja, elles œuvrent à la création d’une permanence solidaire censée accompagner les familles des lycéens dans leurs démarches administratives. Aujourd’hui, elles réalisent le compte-rendu de leur réunion, la semaine précédente avec la plate-forme des services publics du Panier, source d’inspiration pour leur projet. « J’aime bien aider les gens, confie Wassila, sourire aux lèvres, et ça nous apprend plus de choses. »

Élaborer un compte-rendu grâce à un logiciel de traitement de texte, connaître les différents postes d’une entreprise, réaliser une étude de marché … sont en effet autant de notions que les lycéens mettent en œuvre dans ces projets, parfois même avec de l’avance sur leur programme. « Cela donne du sens à la formation, juge Sabrina Zerdani. Et ça développe leur esprit de solidarité, leur savoir-être et leur capacité à travailler ensemble ». Des efforts qui pourraient se voir récompensés en décembre prochain, à l’occasion du grand concours d’idées qui mettra à l’honneur les projets de tous.

Maëva Gardet-Pizzo. La Provence, octobre 2017.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s